UN TRES BEAU JOUR , UN TRES GRAND MOMENT, UNE TRES BELLE PERSONNE

Quand ?

                    Les 28 et 29 MAI 2016

Où ??

Au 8ème CHAPITEAU DU LIVRE de St-Cyr-sur-Loire

C1  C’est bien ici

Quoi donc ???

       « LA GRANDE DICTEE » …  

Mais de qui  ????

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 C’est bien elle !    

Applaudie à juste titre comme une femme de lettres et de pensées fortes, sait-on assez que Natacha POLONY sait aussi être maître des mots ?

Et c’est un extrait de texte de Julien Gracq qu’elle a choisi pour nous faire plancher sur notre magnifique langue française :

« Ils restaient là quelquefois assez longtemps sans rien dire. La forêt au‐delà de la frontière laissait glisser jusqu’à eux des bruits légers – auxquels malgré eux ils tendaient l’oreille – pareils à ces menues épaves ininterprétables que rejette la mer sur une grève et où l’œil du promeneur s’attache machinalement : cette lisière sourdement alertée où les forêts patrouillées de la guerre venaient border on ne savait quel silence respirant et heureux qui tendait l’oreille attirait Grange et l’intriguait. Hervouët jetait sa cigarette et buvait quelques gorgées à son bidon ; ils quittaient la laie et s’engageaient à droite dans un layon qui suivait à peu de distance la frontière. À partir de là ils cessaient de parler. Ils avançaient en courbant un peu le dos – sur un sol mou tapissé de feuilles pourries où le pas s’étouffait – au long de ce qui semblait être une trouée sommaire et déjà ancienne de grosse bête forée au travers du hérisson de branches des taillis. Quand Grange braquait un instant devant lui sa torche électrique, le cône de lumière tirait de l’ombre violemment les arceaux serrés des branches basses qui se soudaient au‐dessus du layon en une voûte de brindilles : on cheminait là perdu comme un insecte dans la raie d’une fourrure – quand il éteignait sa lampe, peu à peu du cœur de la nuit noire transparaissait au‐dessus de sa tête une coulée longue et faiblement phosphorescente qui se déchirait aux pointes des branches. À mesure qu’ils avançaient, la nuit changeait : la torpeur de minuit s’élevait peu à peu de la cime des arbres, et l’air plus léger des rêves infusait les sous‐bois d’un bleu d’encens vaporeux ; la lune se levait et rendait à perte de vue la terre guéable aussi doucement qu’une embellie sèche les chemins. Derrière lui, Grange entendait seulement le pas d’Hervouët qui faisait craquer parfois les branches sèches, et le cliquetis régulier de son fourreau de baïonnette qui reprenait chaque fois qu’il le lâchait pour boire en marchant une gorgée à son bidon. En dirigeant la torche à gauche vers la profondeur du sous‐bois, on apercevait au ras du sol les fils luisants tout perlés de gouttes, et les piquets du réseau bas qui courait le long de la frontière – quelques paires d’yeux étincelaient une seconde englués dans le faisceau de lumière, et on entendait crouler à travers les feuilles la petite foudre lourde des lapins. À droite, le regard glissait sur une longue plongée de forêt qui descendait vers les ravins affluents de la Meuse ; une lune sauvage voguait très haut au‐dessus des bois noirs ; les fumées des feux de charbonniers que le froid de la nuit rabattait et alourdissait semaient le cirque plat des bois de larges flaques cendreuses qui tournaient lentement flottées sur la nuit, et se soulevaient parfois sur leurs bords avec la molle ondulation circulaire des méduses. Grange regardait, le front tiré par l’attention et par le sentiment d’un suspens étrange. Il y avait un charme puissant à se tenir là, si longtemps après que minuit avait sonné aux églises de la terre, sur cette gâtine sans lieu épaissement saucée de flaques de brume et toute mouillée de la sueur confuse des rêves, à l’heure où les vapeurs sortaient des bois comme des esprits. »

Un balcon en forêt

Julien Gracq

 Un grand bonheur pour beaucoup de monde, sans conteste :

C3 C4 C5

Une réflexion au sujet de « UN TRES BEAU JOUR , UN TRES GRAND MOMENT, UNE TRES BELLE PERSONNE »

  1. Merci pour ce clin d’œil très agréable à ce beau weekend riches de nos rencontres.
    Merci à cette opportunité qui nous a fait être voisins, dans la bonne humeur.
    Et cette soirée!
    St Cyr aura été un bon salon.
    Je vole quelques photos, en souvenir.
    A très bientôt j’espère.
    Amitiés.

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